Santé mentale: 3 astuces pour calmer une angoisse au travail

La boule au ventre, vous connaissez ?
Ca y est: il est 8h00 et votre collègue débarque. Ce collègue que vous ne supportez plus, qui vous fait constamment des remarques sur votre façon de travailler, voire sur votre personnalité et votre mode de vie. Parce que oui, critiquer et se mêler de ce qui ne nous regarde pas, c’est loin d’être rare en entreprise.

Qu’il s’agisse d’un collègue, d’un supérieur, d’un subordonné, ou simplement d’une situation qui vous pèse, la santé mentale peut rapidement vaciller au travail.
Malaise, colère, tension, angoisse… les émotions peuvent parfois déborder. Et quand ça déborde, on ne sait pas toujours comment faire pour ne pas exploser.

L’objectif à long terme ? Trouver des solutions durables. Régler le fond du problème.
Mais à court terme, quand vous sentez que vous êtes à deux doigts de péter un câble ou de faire une vraie crise d’angoisse, il est vital d’avoir des outils simples, rapides, efficaces.

Cet article ne prétend pas régler la cause. Il vous aide à limiter les dégâts.
Parce que quand l’incendie est déjà déclaré, le plus urgent, c’est de stopper la propagation.
Les normes anti-feu, on verra plus tard.

1. Coucher le souci sur le papier

Quand l’angoisse monte, le cerveau part dans tous les sens. Il mélange les pensées, dramatise, amplifie. Résultat : on a l’impression d’être submergé, incapable de penser clairement, encore moins de trouver une solution.

Écrire permet de remettre de l’ordre.
Prendre un stylo, un post-it ou même l’appli « notes » du téléphone, et poser noir sur blanc ce qui nous tracasse, c’est déjà enclencher un processus de régulation mentale. En listant précisément ce qui pose problème (ex. : « X me parle mal en réunion », « je me sens jugé », « je suis stressé par cette deadline »), vous obligez votre cerveau à structurer ce qu’il ressent, au lieu de le laisser tourner en boucle dans le vide.

Et ce n’est pas un mythe. Le cerveau adore résoudre des problèmes.
Même si vous ne trouvez pas la solution sur le moment, le simple fait d’avoir clarifié ce qui vous pèse permet souvent à votre esprit de commencer à chercher une réponse en arrière-plan.
Ce n’est pas de la magie. C’est de la clarté.
Et quand on se sent envahi par l’émotion, la clarté, c’est déjà une sacrée victoire.

2. La respiration carrée

Quand le stress monte, le cœur s’emballe, la respiration se bloque. Et si le mental n’arrive plus à reprendre le dessus, le corps, lui, peut vous y aider.

La respiration carrée, c’est une méthode ultra simple, faisable partout (même au volant) :

  • Inspirez 4 secondes
  • Bloquez 4 secondes
  • Expirez 4 secondes
  • Bloquez à nouveau 4 secondes
    Puis recommencez.

4 temps de 4 secondes = un carré. Une forme stable, régulière… comme le retour progressif à un état plus calme.

Testez-la d’abord au calme pour intégrer le rythme. Le jour où l’angoisse débarque, vous n’aurez plus qu’à enclencher le mécanisme.

3. La projection à 5 ans

On est toujours plus intelligents… après coup.
Combien de fois vous êtes-vous dit, en repensant à une situation passée : “Mais pourquoi je me suis autant pris la tête pour ça ?”
Si vous pouviez chuchoter un mot à votre “vous” d’il y a 5 ans, ce serait probablement : “Respire. On s’en fout maintenant.”

Je ne suis pas fan de la projection. En général, je trouve que ça ne sert pas à grand-chose : demain, on peut finir sous un bus, alors autant vivre l’instant présent.
Mais se projeter dans un soi futur, plus mature, plus expérimenté, ça, ça peut avoir du sens. L’horizon temporel importe peu — l’idée, c’est juste d’imaginer comment une version future de vous percevrait la situation actuelle.

Souvent, on réalise que ce qui semble insurmontable aujourd’hui paraîtra dérisoire demain. Et rien que ce petit décalage temporel suffit à calmer le feu émotionnel. C’est un pas de côté mental. Une façon de prendre de la hauteur sans nier ce qu’on ressent. Et parfois, c’est tout ce qu’il faut pour souffler un bon coup, et dédramatiser.

En conclusion

Ces trois astuces ne résolvent pas tout. Elles ne règlent pas les problèmes de fond, ne changent pas votre collègue casse-pieds, ni la charge mentale qui vous oppresse.
Mais elles ont un mérite : vous faire gagner du temps sur la crise.

Elles permettent d’éviter l’escalade, de calmer l’urgence émotionnelle et de reprendre un semblant de contrôle quand tout vacille.

Parce que oui, le vrai objectif, c’est de travailler sur le fond. D’agir à la racine du mal-être. Mais en attendant, si on peut éviter que ça explose dans l’open space ou dans votre tête, alors on aura déjà fait un pas dans la bonne direction.

Prenez soin de vous, ou du moins, respirez un bon coup,
Mélanie